Le grand dico Ciné

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Le grand dico Ciné

Message  André le Jeu 3 Fév 2005 - 20:42

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Re: Le grand dico Ciné

Message  JoelRobuchon le Ven 14 Juil 2006 - 16:13

Donc un topic qui regroupe les grands réalisateurs, les grands courants et les genres? dwarf

Et accessoirement nos films préférés? I love you


En ce moment, comme il n’y a rien à la télé sur les chaînes publiques (puisqu’une chaîne publique doit par nature, diffuser de la daube aux premières heures de grandes écoute et passer quelques rares perles en deuxième partie de soirée.)

Donc je me fais en ce moment une petite rétrospective du cinéma Italien, je parle de sa grande période. Avant sa période nanarde exhumant quelques goujons goutus pour notre ami Lestat qui en raffole.

Donc au menu, quelques films de Fellini, le maestro. A savoir son fameux Casanova. Ca fait la troisième fois que je le vois et je découvre toujours autant de surprises et de sens cachés face à cette œuvre : tantôt pamphlet sur la condition humaine et lsur a solitude, hymne à la décadence, description de l’Europe esquissée au vitriole… Il faudrait absolument rédiger une chronique sur ce chef-d’œuvre qui est pour moi le joyaux le plus abouti du cinéaste. La dimension onirique serait altérée si le film ne comportait pas la BO de Nino Rota, compère de Fellini devant l ‘éternel. Je vois difficilement comment peut-on concevoir le cinéma Italien sans la musique qui accompagne l'image.





Autre film de Fellini (que j’ai vu étant en état d’ébriété) : Satyricon. Non pas le groupe de Hardcore mais ce film a libéré dans son sillage un véritable ouragan de scandales : scènes pédérastes, présentation pas très convenue de la Rome antique, mélange de genres et de styles, volonté de blesser la morale même actuelle. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le film et le maître possède le don de créer le malaise avec un récit anarchique et déconstruit en nous proposant un étalage de stupre baroque qui renifle parfois un peu la sueur…




J’oubliais également Pasolini. A voir, le Decameron d’après l’œuvre de Boccace. Ce film fait partie d’un triptyque réunissant le film éponyme, les Mille et une Nuits pour ensuite se clore sur les Contes de Canterbury. Comme Fellini, Pier Paolo Pasolini respecte les règles du genre Italien exaltant les plaisirs de la chair. Si Fellini, et tout le monde le sait, disposait d’une appétence accrue pour les bouts de femme bien dodues, Pasolini, lui, tire sa libido de l’autre côté de l’objectif : on pourra remarquer que dans son Decameron les filles sont plus souvent habillées que le garçons. Laughing




Bref, le cinéma Italien, c’est un filet de vin musqué dégoulinant sur les seins d’une putain au milieu d’une orgie à la fois tragique, sublime et grotesque. La description de la condition de l’humain dans ce qu’il a de plus brut, de plus vulgaire mais en même temps de plus esthétique. Un Art Onirique pour sublimer la réalité.
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Re: Le grand dico Ciné

Message  Lestat le Ven 14 Juil 2006 - 17:11

Le cinéma italien étant extraordinairement riche, parlons également de certains sous-genres qui le caractérisent, comme le Western-spaghetti.

Au début, il n'y avait rien. Enfin si, quelques cinéastes signant entre deux peplums quelques oeuvrettes s'inspirant bêtement du western américain. Ca ne marchait pas. Pour autant, le western européen existait déjà en Allemagne, avec la saga des Winnetou. En 1964, Sergio Leone, qui a fait ses premières armes dans le Peplum, se dit que si les Allemands y arrivent, pourquoi pas nous, les Italiens. Il monte un western, dont l'histoire est assez désastreuse. L'argent manque, l'équipe fout le camp et au milieu de cette apocalypse gravite un jeune acteur du nom de Clint Eastwood, le seul et unique véritable américain du générque, qui se promène sur le plateau sans trop y croire. Le tournage fini, Pour une Poignée de Dollars, car c'est bien lui, connait une sortie suicidaire dans une petite salle italienne. Miracle, c'est un joli succès et le film prend du poids. Mine de rien, le gros Sergio vient d'inventer le western italien tel qu'on le connaît aujourd’hui.

Le western spaghetti, en effet, qu'est ce que c'est ? Que ce soit dans le péplim, le film fantastique, le western ou le thriller, le cinoche italien a toujours montré une joyeuse tendance à étirer les clichés pour mieux les exploser. Le western va tellement s'amuser avec les clichés du genre, tellement tirer sur la corde qu'il va friser la parodie pour y tomber complètement. D'ailleurs, dès ses débuts le western spag va alterner entre sérieux et cynisme inébranlable avec des films au ton bien plus léger. Ainsi Un Pistolet pour Ringo de Duccio Tessari s'impose comme un film frais et plein de distanciation. Le personnage de Ringo qui met en place l'acteur Giuliano Gemma, faisant du personnage le premier héros 100% italien.

A l'inverse, à Leone succède Sergio Corbucci, qui après un désastreux Ringo au Pistolet d'or lâche un film culte et un pistolero qui ne l'est pas moins, Django.



Django représente tout ce que le western italien peut avoir de sale, de méchant, de bourrin et finalement de jouissif. Interprété par Franco Nero, Django est un ancien nordiste qui arpente un pays mort envahi par la boue. Le film n'a pas commencé qu'il y a déjà 10 morts. Violent, anar et totalement décomplexé, à l'image de la scène culte où Franco Nero extermine le klu klux klan local à la mitrailleuse, Django fait date.

Pendant ce temps Leone continu son chemin : Et pour Quelques Dollars de Plus, Le Bon la Brute et le Truand, Il Etait Une Fois Dans l'Ouest...

Les personnages de Clint et Nero sont copiés sans vergogne. En 1967, Enzo Castellari, le Peckinpah italien, les parodies dans Je Vais, Je Tire et je Reviens, picaresque épopée d'un chasseur de prime joué avec humour par George Hilton. D'autres apparaissent : Sabata par exemple dans les années 70, où Lee Van Cleef joue un chasseur de prime quasi-invulnérable se sortant des ennuies à l'aide de moults gadgets. Un autre exemple de western amusant. Sabata eut droit à sa trilogie, l'épisode du milieu étant un peu à part : interprété par Yul Brynner et sa chemise à franges, Adios Sabata est en effet un film assez sombre et poussiéreux, servi par la magnifique musique de Bruno Nicolai.



Certains films ne font pas de petits, mais se hissent au rang de chef d'oeuvre : Le Grand Silence, de ce bon vieux Corbucci en 1969. Un western sous la neige, d'une noirceur abyssale où le bien, le mal et la morale n'ont plus lieux d'être.



Le western spaghetti, c'est aussi avoir l'arme à gauche. Les regards se portent vers la guerre Texas-Mexique. Au centre de la plupart des histoires, un pauvre péon manipulé par un Ricain plus cultivé. Citons El Chuncho, de Damiano Damiani, et son final de folie où Gian Maria Volonte bute son ennemi américain à bout portant avec de lancer au peuple de "ne pas acheter du pain, mais de la dynamite". Le nihiliste Il Etait Une fois la Revolution bien sur, où Leone nous dit grosso modo que la guerre, quelle qu'elle soit, est une saloperie. Sans oublier Companeros de Corbucci, ou encore le teigneux Une Raison Pour Vivre, une raison pour mourir, de Tonino Valerii, relecture des Douze Salopards où une poignée de condamnés à mort sont envoyés au front, où ils perdront leurs illusions. La cause indienne n'est pas laissée de côté : Corbucci prend Burt Reynolds et le fait venger les siens dans le nerveux Navajo Joe.



Puis c'est le moment de rigoler et d'en finir pour de bon. On l'Apelle Trinita, On Continu de l'Appeler Trinita, c'est le temps des westerns-fayots et des paires de claques. Le western sombre dans la vulgarité la plus infame. Deux champs du cygnes viennent enterrer le genre comme il faut : Mon Nom est Personne, de Tonino Valerii, film testament et bilan de tout un genre où Terence Hill relève Henry Fonda de ses fonctions et Keoma, d'Enzo Castellari, champ funèbre d'un métis combattant le racisme et sa propre famille.




Le western italien, c'était des films rythmés, violents, mêchants, pas très propres, concoctés par des grands gamins qui ne pensaient qu'à s'amuser et à mettre un coup de pied quelque part. Venant d'un pays en forme de botte, ça tombe bien.


Dernière édition par le Ven 14 Juil 2006 - 17:36, édité 1 fois

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Re: Le grand dico Ciné

Message  JoelRobuchon le Ven 14 Juil 2006 - 17:33

clap Magnifique chronique Maître. A la hauteur du résultat que j'ésperais et même beaucoup plus.

Juste une chose.

Lestat a écrit:En 1983, Sergio Leone, qui a fait ses premières armes dans le Peplum, se dit que si les Allemands y arrivent, pourquoi pas nous, les Italiens.

Inutile de corriger, on a tous compris qu'il s'agit de 1963. Wink

Bon allez, au suivant. La prochaine fois, le cinéma Japonais. Qui fera une suberbe chronique comme Lestat et qui se tapera tous les films d'Ozu? Laughing
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Re: Le grand dico Ciné

Message  bouly le Ven 14 Juil 2006 - 17:56

Ah Yul Brynner ! Il fait parti de mes acteurs préférés Cool
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Re: Le grand dico Ciné

Message  ninjardin le Sam 15 Juil 2006 - 17:16

le grand silence il est pas adapté d'une bd "les chiens meurent en hiver" dont le héros crée par yves swolf est durango et dont le pistolet est un mauser....? en tout cas l'affiche reprend les mêmes visages que ceux de la bd

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Re: Le grand dico Ciné

Message  Lestat le Sam 15 Juil 2006 - 17:20

Je pense que c'est plutot le contraire. La Bd semble plus récente.

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Re: Le grand dico Ciné

Message  ninjardin le Sam 15 Juil 2006 - 17:35

la bd date de 1989.

ouiap t'avais raison.en tout cas c'est marrant que swolf ai gardé les mêmes visages pour le heros et le mechant. par contre dans la bd il a un colt et c'est seulement dans le troisième tome qu'il prendra le mauser

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Re: Le grand dico Ciné

Message  nazgul666 le Lun 24 Juil 2006 - 16:00

Lestat il est vraiment coule!

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Re: Le grand dico Ciné

Message  JoelRobuchon le Lun 24 Juil 2006 - 16:05

shakng2 On voit que tu t'es reposé pendant ta semaine de vacances, Naz , c'est bien. Tu virvoltes, tu fuses entre les rubriques du GE comme une comète qui aurait peur de se faire rattraper par le soleil.

D'ailleurs j'ai du mal à te suivre! Vivement que ta copine te casse les couilles à nouveau pour que tu sois plus coule ou plus zaine. Wink
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