Soupe de nanars et Rosebuds fanées
Ven 4 Nov - 12:57 par JoelRobuchon
Soupe de nanars et Rosebuds fanées
Ou comment arrive t-on à créer une parfaite bouse cinématographique avec seulement une caméra et un morceau de papier.
Soirée peinarde hier, à l’appart’ du GE : André était affalé avec une kro sur le canapé, Bave a enfermé Cirse dans les toilettes pendant que Naz était parti demander le prix des dames en fourrure en bas de la rue. Grrr s’est méchament viandée avec sa liane dans les escaliers, déclamant que depuis toujours, sa vie ne tient qu’à un fil (rires du public en voix off). Enfin bref, la soirée idéale pour se fendre la poire et ressortir un bon vieux nanar poussiéreux. On en a toute une armoire pleine. Mais une question surgit. Quel nanar choisir ? Vercingetorix ? Ou peut-être Mon curé chez les nudistes ? Oh, un petit Max Pecas serait sans nul doute plus tentant… Et puis d’abord, c’est quoi un nanar ?
Avant tout, le nanar ne doit pas être confondu avec le navet.
Pour le Petit Robert, le navet est un très mauvais film insipide et ennuyeux, doublé d’une œuvre d’art sans valeur. Attention ! Cela ne veut pas forcément dire que tous les films ennuyeux ressemblent à des navets. Les chefs-d’œuvre de Bergman en sont de parfaits exemples. (même si je n’en regarderai pas tous les jours, il faut l’avouer.)
Non, le véritable nanar, le vrai, le pur reste toujours divertissant et pas seulement parce qu’il est démodé. La « nanar attitude », c’est tout l’art de cultiver la médiocrité, le mauvais goût, le kitsch, le ridicule. Il existe deux types de nanar dont il vaudrait mieux éviter de faire l’amalgame.
Le nanar culcul. Dans ce cas, les réalisateurs du film sont tout à fait conscients d’engendrer une véritable merde. Sans prétentions aucunes. On les qualifient souvent « d’ovnis » du fait du décallage établie par rapport aux autres films considérés comme « corrects ». Pensez aux Charlots ou encore à La Cité de la peur des Nuls. Les acteurs seront volontairement mauvais, les effets de caméra pitoyables, le scénario primaire et maladroit…
Et enfin, mon préféré, le nanar concon. Dans ce genre de film, les auteurs ont la prétention de réaliser un film correct, voire même un chef-d’œuvre. Ils y ont bossé pendant des mois interminables, ils y ont consacré un budget conséquent doublé par la sueur de leurs efforts, ils y ont sacrifié un moment entier de leur vie. Ajoutez-y des acteurs arrogants et totalement dénués de talents et vous obtiendrez-là un véritable petit bijou. Comment appréhender le nanar concon sinon une allégorie tragique et burlesque du vain effort, de l’imperfection des hommes ? Et c’est cela qui est drôle, ce décalage flagrant entre le travail acharné et la volonté des réalisateurs avec le résultat obtenu. Voir ce vantard de Christophe Lambert se prendre pour James Dean alors qu’il n’a pas les épaules de l’imiter et qu’il a le don de tourner dans des films plus que médiocres relève d’un comique égal sinon supérieur au génie de Charlie Chaplin. Le nanar concon est semblable à un Radeau de la Meduse clownesque, à un concorde prétentieux croyant faire un suberbe looping alors qu’il ne fait que foncer dans un lagon de guano.
Il existe pourtant des similitudes entre le nanar culcul et le nanar concon. Tous deux sont comparables aux grands vins, ils se bonifient avec le temps parce qu'ils sont déjà dans une optique ringarde.
Voici mes nanars préférés pour le moment.

Rien que l'affiche traduit tout l'esprit du film. Symbole parfait du nanar culcul, je suis sûr que Lestat l'a déjà en DVD. Parodie bourrée de références le tout dans des décors en carton-pâte, il faut être au moins un H35 pour apprécier ce film. Chapeau-bas aux nouveaux doublages français, interprétés par des comédiens las et blasés qui incrustent dans la bande son des conneries totalement spontanées et imprévues. Et cela n'enlève rien à l'esprit du film, bien au contraire. Pas mal de répliques cultes.
Allons-y plus doucement, on sera plus nombreux!
Entre nous, il y aura toujours un cadavre.
- Il y a quelques temps tu m'aurai épousé...
- Ouais mais qu'est-ce que tu es devenue laide!
Ect Ect...

Ahhhhh, Merveilleuse Angélique, dorlotée dans son satin kitsch et Robert Hossein (je crois) en poète transi à la coiffure très Mireille Mathieu...

Un grand incontournable des films concons. Que dis-je?! L'Epitome du film concon. Ce machin a fait un bide retentissant en France. Il n'empêche, c'est un de mes nanars préférés. Très Holywoodiens, à grand budget donc. Les acteurs sont pathétiques, le scénario pitoyable, les effets spéciaux foncièrement moches, une morale douteuse, des dialogues cons à souhait et stéréotypés à tel point qu'on peut deviner à l'avance la prochaine réplique!!! Un vrai joyau!
Alors, qui voudrait remplir la vidéothéque de nanars, et surtout faites-nous découvrir vos nanars cultes!
Et bon appétit bien sûr!
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